Paul Gauguin et sa quête d'inconnu

17 octobre 2017
Le désir d’abandonner le connu pour explorer l’inconnu est l’une des lignes directrices de la vie de Gauguin... explorons son côté sauvage !

En 1889, il évoque dans une lettre à Émile Bernard une « terrible démangeaison d’inconnu qui me fait faire des folies. » Gauguin est sans cesse en quête du lieu où son art en « germe » pourra fructifier et où il pourra trouver son identité. En inadéquation avec la société contemporaine, Gauguin se voit et s’imagine en sauvage : son ascendance péruvienne guide son intérêt pour des sociétés extra-occidentales, un art primitif et des matériaux ancestraux comme le bois. Au fil de ses changements de résidence (Bretagne, Martinique, Arles, Tahiti, îles Marquises), Gauguin poursuit ainsi sa quête d’un moi sauvage et barbare.
 

L'artiste s’est beaucoup décrit et raconté, à travers un grand nombre d’autoportraits et de textes. D’autres réalisations ont un statut ambivalent, autoportraits indirects ou cachés. Il ne sépare pas sa personne de sa quête créatrice et utilise l’art pour apprendre à se connaître lui-même.

Lorsqu’il se représente, il se met volontiers en scène, presque toujours dans le rôle d’artiste. La forme est classique : le visage ou le buste est figuré de trois-quarts, avec un éclairage latéral ; il tient son pinceau ou sa palette ; souvent, il pose devant sa production, à la manière d’un Nicolas Poussin (1594-1665).



 
Portrait de l'artiste au christ jaune, 1890-91, Paris, Musée d'Orsay. Rmn-Grand Palais (musée d'Orsay) / image Rmn-GP
Pot anthropomorphe (Portrait de Paul Gauguin en forme de tête grotesque),1889, PAris, Musée d'Orsay. Rmn-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski




 
L’air farouche, orgueilleux ou désespéré qu’il exprime, avec parfois même une allure excentrique, marquent sa volonté de rupture avec la société et les oeuvres qui accompagnent ses effigies font écho à son moi profond.


Ainsi, dans l’Autoportrait au Christ jaune, son visage est encadré du Christ jaune peint un an plus tôt et du Pot anthropomorphe en grès émaillé réalisé à Paris. La composition produit l’effet d’un triptyque. Le Christ à gauche, paisible et lumineux, incarne la culture chrétienne du peintre et son « sacrifice » au sein d’une société qui ne comprend pas son art, tandis que le pot à tête grotesque, à droite, suggère « Gauguin le sauvage » comme il l’écrit à Emile Bernard (1868-1941) et la régénérescence à laquelle il aspire grâce à la rupture avec l’Occident. Le geste du pouce dans la bouche que l'on voit dans ce pot est un symbole de retour à l’enfance, à l’origine.  

 


Envie d'en savoir plus sur Paul Gauguin ? Découvrez le documentaire de l'exposition, "Je suis un sauvage"

En Dvd, ArteVod et en projection gratuite à l'auditorium du Grand Palais.



Gauguin l'alchimiste

Au Grand Palais, jusqu'au 22 janvier 2018

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