Le mythe de Venise vous attend au Grand Palais !

Aucune autre ville n’aura produit d’elle-même une imagerie si foisonnante : découvrez le mythe de Venise !
11 janvier 2019
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Une pétrification du mythe de Venise s’opère dans les quarante dernières années du XVIIIe siècle, lorsque la Cité des doges vit sur sa réputation et sur son image plus que sur une véritable expansion économique. Elle se referme sur elle-même. Beaucoup de grandes familles ont perdu leurs sources de revenus et les aristocrates dilapident leur fortune au jeu. Paysages urbains et scènes de la vie vénitienne se teintent souvent de la fantaisie des peintres, et contribuent au mythe d’une Venise festive et pittoresque.

Dans la seconde moitié du siècle, trois artistes jouent un rôle essentiel en ce sens : Pietro Longhi, Giandomenico Tiepolo et Francesco Guardi.

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Giandomenico TIEPOLO, Scène de carnaval ou Le Menuet, (détail) 1754-1755 Paris, Musée du Louvre, Département des Peintures photo
© Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux

Pietro Longhi apparait comme l’interprète par excellence de la société vénitienne de son temps. Personne n’a su mieux que lui pénétrer la sphère privée, comblant ainsi les patriciens vénitiens de vieille souche qui sont ses commanditaires.

Parallèlement à l’aide qu’il apporte aux grandes entreprises de son père Giambattista, Giandomenico Tiepolo développe une production plus personnelle inspirée de la vie vénitienne, où des foules bigarrées se retrouvent sur les places autour d’attractions. En chroniqueur de son temps, il transmet les tensions sociales et économiques perceptibles dans la vie quotidienne. C’est dans cette veine, après son long séjour en Espagne, qu’il imagine la décoration à fresque de sa propre demeure, d’une profonde originalité.

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Francesco Guardi,  Vue du jardin du palazzo Contarini dal Zaffo, 1775-1780
Photo (C) Art Institute of Chicago, Dist. RMN-Grand Palais / image The Art Institute of Chicago

Avec Francesco Guardi, enfin, l’art de la veduta prend une tournure nouvelle. Son intérêt pour l’atmosphère produit des effets bien différents de ceux de Canaletto. À la lumière cristalline de l’un succède la lumière vibrante de l’autre : la permanence fait désormais place à la fragilité.

Venez découvrir le mythe de Venise au Grand Palais jusqu'au 21 janvier 2019 ! 

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