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Carnet de Voyage : Quatrième escale, la Polynésie

jeu, 24/07/2014 - 14:11 -- celine
C’est l’été ! Alors durant tout le mois de juillet, le Grand Palais vous emmène en voyage a travers l’art. Au programme : l’Europe, l’Orient, l’Océanie et enfin, l’Amérique pour clôturer ce tour du monde artistique !

Eh oui, les artistes aussi partent en vacances : quête artistique, recherche d’un ailleurs, traditionnel voyage en Italie, fascination pour l’Orient… Le lien entre les artistes et le voyage est très fort et commun à toute époque. Glissez-vous une fleur de tiaré dans les cheveux et préparez monoï et bikini car cette nouvelle escale vous emmène au cœur de l’Océanie. L’artiste le mieux placé pour raconter cet éden lointain, c'est bien sûr Paul Gauguin. 

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Parmi tous les voyages d’artistes, l’histoire des séjours polynésiens de Paul Gauguin est l’une des plus célèbres. Avant ces fameux voyages, l'artiste séjourne à la Martinique de juin à novembre 1887 et y peint douze toiles. C’est en 1891, poussé par un idéal de liberté et un refus d’une course européenne après l’argent, que Gauguin se rend à Tahiti pour "vivre là d'extase, de calme et d'art". Face à ces paysages exotiques, l’inspiration est immédiate, il peindra plus de 60 toiles en quelques mois. 
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Les couleurs des paysages de cette île qu’il imagine comme un paradis primitif, semblent avoir eu un impact considérable sur son œuvre. Ses premières toiles sont des scènes aux compositions très fortes comme Le repas (voir ci-dessus, 1891) ou Femmes de Tahiti (ci-contre, 1891). Bananes, goyaves, oranges et personnages tahitiens s’agencent pour donner vie à ces toiles entre nature morte et scènes de genre. 
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Gauguin s'inspire de ce qu'il voit, mais aussi de contes locaux et traditions religieuses ancestrales pour insuffler de l’imaginaire à ses œuvres. Arearea (ci-contre, 1892) est représentative de ces œuvres où rêve et réalité se côtoient. Cette toile, que l’artiste considère comme l’une de ses meilleures, est montrée à Paris en 1893. Le peintre français veut prouver la justesse de sa quête exotique. Malheureusement, les œuvres tahitiennes ne provoquent pas l'engouement espéré par Gauguin. C’est pendant ce retour en France qu’il met en forme ses notes prises sur l'île. Elles seront rassemblées dans deux manuscrits illustrés : Noa Noa et Ancien Culte mahorie. En 1895, certainement touché par ce manque de reconnaissance, il quitte l'Europe pour toujours..
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Durant son deuxième séjour sur l’île de Tahiti, Gauguin continue de se promener pour explorer la faune et la flore polynésienne. Les toiles de ce second voyage continuent à mêler réalité et imaginaire comme Le cheval blanc (voir ci-contre, 1898). Cette toile représente une vision chimérique et synthétique d'un paysage tahitien. 
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Dans cette scène où le ciel et l'horizon sont absents, le cheval blanc a probablement un sens symbolique. Dans les croyances polynésiennes, la couleur blanche est associée à la mort et au culte des Dieux. Même si son sens nous échappe toujours aujourd’hui, cette œuvre mystérieuse est probablement une représentation allégorique du passage des âmes dans l'autre monde.
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En 1901, Paul Gauguin quitte Tahiti pour un autre paradis polynésien, Atuona dans les îles Marquises. Là-bas, il continue à peindre (voir ci-contre Et l'or de leur corps, 1901) et vit les dernières années de sa vie. Le peintre s’installe dans une case en bois sur pilotis qu’il nomme « Maison du Jouir ». Il orne cette demeure de panneaux de bois sculptés de nus féminins et d’inscriptions révélatrices de la quête primitive menée dans cet atelier des tropiques. La naïveté voluptueuse de ce décor va marquer la naissance d'une esthétique primitiviste qui connaîtra au XXe siècle de brillants développements avec Matisse, Derain, Lhote et Picasso.



Si vous souhaitez poursuivre le voyage…
Plongez-vous dans Noa Noa, le carnet de voyage de Paul Gauguin
Découvrez le Tahiti de Robert Parry

 

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